Éclaircissement               

 

Pourquoi des livres d’histoire alors que nous ne sommes pas des historiens, ni de formation ni de métier ?


Depuis 1984 nous avons effectué de façon continue des interventions socianalytiques au sein du parc nucléaire français et du pôle industrie. Bientôt sur ce site , une liste exhaustive.


Comme dans toute socianalyse, les problèmes ont été analysés avec un coefficient de transversalité maximal, c’est-à-dire par tous les gens impliqués dans un problème. Nous étions là pour permettre cette analyse en forger les creusets. Tout a été enregistré au magnétophone, avec parfois photos et enregistrement vidéos. De nombreux documents sont passés entre nos mains. Toutes les traces ont été conservées.

Le point de départ est donc la connaissance élaborée par les acteurs participants de nos dispositifs. Ils nous ont donné un socle de connaissance inégalable : celle qui provient du croisement de tous les regards, de toutes les intelligences, de tous les métiers, de tous les agents, de tous les individus qui ont dans ces dispositifs cherché à comprendre, traiter, dépasser problèmes, conflits, incidents, blocages, désirs de changement à l’origine de nos interventions. Dispositifs de paroles, mais aussi immersions, dans les activités de jour comme de nuit, semaines ou week-end, en trois huit, etc. Dans la peau des rondiers, des opérateurs, des ingénieurs, des administratifs, des patrons de site, de parc, des syndicalistes, des grévistes, des non grévistes, des formateurs, des RH, nous avons vécus d’impressionnantes mutations auxquelles nos dispositifs ont contribués, qu’lls ont aidé à construire, conduire, à remettre en cause... Engagés dans l’histoire en marche, pour permettre aux acteurs de produire plus collectivement leur métier, leur métier dans une industrie à risque. industrie vitale, mais industrie qui contribue aussi à la lutte contre un risque énorme plus difficile à appréhender, le réchauffement qui frappe déjà les pays du sud.

Pour faire de l’histoire, évidement nous n’en sommes pas restés là. Il a fallu faire un travail de chercheur plus classique, plonger dans les ouvrages disponibles, faire de nombreux entretiens, eux aussi enregistrées et filmés. Il a fallu recompulser nos propres archives impressionnantes quant à leur volume, passionnantes parce que traces de temps réel, préparation de document officiels etc.

Il fallait aussi une commande : les mutations ont été lourdes, il fallait que les hommes futurs du nucléaire comprennent d’où l’on vient, pourquoi des changements, les erreurs à ne pas commettre, le danger qu’il y aurait à simplifier sans appréhender la complexité.

C’est aussi une façon de faire appréhender aux collègues ce que portent les métiers, de rectifier de fausses assertions qui circulent jusque dans les médias, de faire comprendre mieux le risque et son traitement.

Nous partageons le sentiment d’injustice des agents de Fessenheim, quand ils ont appris la décision politique de fermeture de leur site, appuyés sur des arguments qui bien souvent méconnaissent des vérités historiques, techniques, et négligent totalement le personnel du nucléaire au service de sa tâche énergétique et de sûreté.

Tourné vers le futur, le quatrième ouvrage, C’EST ARRIVÉ DEMAIN DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES montre ce que les gens du nucléaire ont dans la tête, leur capacité d’innovation et de prospective. Il est aussi un document qui illustre ce qu’est la socianalyse en réseau.